| Bibliographie (1976) | |||
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Extrait de lintroduction Du balcon de l'hôtel-de-ville de Montréal en 1967, le président de la France, Charles de Gaulle, avait crié à une foule enthousiaste de Canadiens français: «Vive le Québec libre!». Sans aucun plan pour rendre ce souhait effectif ni sans mesure les conséquences de son appel, si les auditeurs le prenaient au mot, le président de la France exhortait ainsi les Québécois, descendants des colons de la Nouvelle-France, à se rendre indépendants. Cette voix française ne nous était pas nouvelle: cet appel à la libération nous en rappelle un autre, lancé deux cents ans plus tôt, avec la même insouciance des suites. En 1778, au nom de la France, l'amiral d'Estaing rédigeait une proclamation aux «anciens Français de l'Amérique» que le traité de 1763 avait enlevés à la France, il déclarait que Louis XVI prendrait sous sa protection «tous ses anciens sujets» qui «ne reconnaîtront plus la suprématie de l'Angleterre». Comme en 1967, rien n'était prévu pour assurer une protection efficace; bien loin de là, dans le temps même qu'il lançait aux habitants du Canada, alors appelé province de Québec, cette invitation à se libérer, d'Estaing notait parmi ses instructions: «refus que je dois faire de contribuer à la conquête du Canada». |
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